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Il y a… l’homme qui attend sa femme devant l’église.

 Vous êtes assise sur les marches de l’église, attendant vos amis. Une voiture se gare sur le coté de l’église, en sort un homme, caché derrière ses lunettes de soleil. Il s’appuie sur sa voiture et ne bouge plus. Il semble statufié, les bras croisé, aucune expression sur le visage. Il attend, insensible à la ville, à l’agitation, à la vie autour.

Puis une femme s’approche, sortie de l’église, ses talons claquant bizarrement sur le parvis. Toute de noir vêtue, elle aussi cachée derrière des lunettes de soleil. A son apparition, l’homme se dresse et décroise ses bras, fait un pas en avant. La femme se jette dans ses bras, et se met a hurler. Vous comprenez qu’elle pleure, elle pleure toutes les larmes de son corps, elle pleure comme si elle ne pouvait rien faire d’autre. Un chagrin énorme qui devait l’oppresser, et maintenant elle pleure comme un enfant, se libérant de ce poids. Face à ce chagrin, vous êtes peu de choses, vous êtes percutée par le contraste, vous qui vivez pleinement votre vie et elle, poursuivie par la mort. Face à ce chagrin, vous êtes désemparée, vous vous levez et vous déplacez, comme honteuse d’avoir assisté a cette scène, d’avoir été comme une intruse. 

Un corbillard arrive et, n’y tenant plus vous vous éloignez, comme percutée par la réalité de la mort et du chagrin de ceux qui restent.

(Pardon pour cette touche austère, mais lorsque vous assistez a cette scène, vous prenez la mesure du chagrin, et vous avez envie plus que jamais de vivre.)

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Il y a… Les gens qui vont retirer de l’argent a la banque.

Vous êtes dans votre voiture, à l’arrêt, garé devant un distributeur automatique. Chaque minute une personne arrive devant le guichet, en teste un avant de voir qu’il ne marche pas et donc introduit sa carte dans le suivant, et repart en pliant son ticket. Parfois le flot s’amenuise, comme maintenant. Le guichet est désert. Puis une femme arrive, légèrement potelée et qui tient la main d’un petit garçon tout mignon, qui sourie et ne semble pas tenir en place. La mère lâche la main du petit, pour attraper sa carte. Le bonhomme semble tout heureux de pouvoir gigoter dans tous les sens et s’en donne a coeur joie. Sur ce, arrive un homme, grand, filiforme, noir avec des dents très blanches. Il semble sourire à tout le monde et à personne à la fois. Il attrape sa carte, se dirige vers le guichet en panne au moment même où le petit bonhomme court dans la même direction… et rencontre brutalement les grandes jambes de l’homme. L’homme s’arrete, étonné, toujours souriant, le petit relève la tête tout aussi étonné. L’homme lui offre sa main et un sourire, pour l’aider à se relever, mais le petit garçon se relève tout seul et part se cacher derrière sa mère. L’homme élargit son sourire qui semble désormais infini et se penche vers le petit garçon pour lui demander si ça va.
Et vous, vous vous dîtes qu’il existe un homme qui est un concentré de bonheur a lui tout seul, grâce a son infini sourire blanc contrastant avec la couleur de sa peau. 

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Il y a… Celle qui écoute de la musique dans les embouteillages.

Décidément, les embouteillages sont passionnants. Toujours le même scénario, fin de journée, vous êtes dans le bus et dans les éternels embouteillages. La tête posée contre la vitre, vous regardez les voitures, sans vraiment les voir. Puis votre regard accroche une femme, vous la regardez, elle ne vous voit pas, elle est trop occupée a chanter. Elle doit chanter a tue-tête, elle y met tout son cœur, bouge la tête, ferme les yeux, se concentre sur les paroles. Puis elle tend la main vers la boite a gants, l’ouvre, en sort une pochette de CDs, cherche un CD, hésite, choisit. Elle change le disque, et se remet a chanter, comme loin de la réalité des embouteillages.

Alors vous avez envie de chanter avec elle, même si vous n’entendez pas sa musique, et votre bus dépasse sa voiture. Vous vous dites qu’il existe au moins une personne qui ne s’ennuie pas dans les embouitellages.

Il y a… Celui qui est en scooter, coincé dans les embouteillages, et a un magnifique sourire.

Imaginez vous, fin de journée, vous êtes dans le bus, coincé dans les embouteillages, et vous regardez par la fenêtre. Des files de voitures, et coincé entres deux, un scooter conduit par un homme. Il a l’air encombré par un paquet a ses pieds et portent des lunettes de soleil. Vous le regardez, lui trouvant quelques charmes, et lui se démène pour arranger le poids de son paquet à ses pieds. Exaspéré il soupire, comme un enfant, en gonflant les joues. Vous le regardez, amusée et a ce moment il lève la tête, vous voie et vous sourie, d’un de ces magnifiques sourires que vous n’oublierai pas, comme surpris d’avoir été interrompu dans ce moment de relâchement.  Votre bus avance puis s’arrète quelques mètres plus loin. Le scooter vous rattrape, l’homme vous sourie de nouveau, on jurerait presque qu’il vous a fait un clin d’oeil sous ses lunettes qui le cachent. Puis il vous dépasse et part, comme aspiré par le torrent du trafic.

Et vous gravez dans votre mémoire, son soupir et le sourire qui aura suivi.

Il y a…. Celui qui fermait ses volets et qui a dit a la rue “Bonne nuit les petits !”

Imaginez vous, vous marchez dans la rue, quelques peu pressée d’arriver chez vous car il se fait tard. Vous passez devant une série de maison, une fenetre s’ouvre, un homme s’y penche pour attraper ses volets et dit à la rue “Bonne nuit, les petits !”

Alors, vous le remerciez d’un sourire et vous continuez votre petit bonhomme de chemin.

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Croisés au détour d’une vie.

J’en ai croisé des gens durant ma courte vie, chaque jour dans la rue.

Des regards, des sourires, des moments de vie a n’en plus finir.

Certaines personnes m’ont souri, d’autre m’ont méprisée du regard. Certains m’ont parlé, d’autre n’ont pas même posé les yeux sur moi. Et j’en ai saisi des moments de vie, drôles, tristes, émouvants, sincères, fous…


Trois mots pour ouvrir mon univers : Il y a.